Journées d'automne du Groupe Romand de la SSGO

Montreux 11-13 novembre 2010


Les 11-13 novembre 2010, Santé PluriELLE a participé aux Journées d'automne du Groupe Romand de la Société Suisse de gynécologie.

A cette occasion, nous avons invité Mme Myriam Monheim qui travaille comme psychologue au planning familial PlanF de Bruxelles pour une intervention au sujet de la santé des femmes homo/bisexuelles.

Diapositives de son intervention


Santé PluriELLE a aussi présenté un poster que vous trouvez ci-dessous avec des éléments de réponse et des références.

Poster présenté par Santé PluriELLE




Réponses au Quiz


1. Les lesbiennes ont moinssouvent besoin de faire un contrôle gynécologique.


Faux


Des enquêtes (1) ont montré que les lesbiennes avaient tendance à recourir plus rarement au contrôle gynécologique que les femmes hétérosexuelles, peut-être parce qu’elles ont moins souvent besoin de contraception ou de suivi de grossesse et se croient, faussement, à l'abri des infections sexuellement transmissibles.

Cependant, elles sont également concernées par des questions telles que les infections sexuellement transmissibles (dont le papillomavirus(2)),le cancer du sein ou autres problèmes gynécologiques. C’est pourquoi de plus en plus d’organismes officiels tels que le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) aux USA recommandent de procéder au frottis à la même fréquence pour toutes les femmes quelle que soit leur orientation sexuelle.


2. Les lesbiennes sont plus sujettes au cancer du sein.


Peut-être


Il n’existe pour le moment aucune étude épidémiologique qui permette de trancher définitivement cette question.Le fait d’être lesbienne ne constitue pas en soi un facteur prédisposant au cancer du sein.

Cependant, de nombreuses enquêtes (3) ont montré que certains facteurs de risque connus pour augmenter le risque d’apparition d’un cancer du sein comme le fait de ne pas avoir d’enfant, de ne pas avoir allaité, le tabagisme et une consommation importante d’alcool sont plus répandus parmi les lesbiennes que parmi les femmes hétérosexuelles, ce qui laisse supposer que l’incidence du cancer du sein pourrait être accrue dans cette population.


3. Les relations sexuelles entre femmes présentent un risque nul de transmission du VIH ou d’autre IST.


Faux


Par manque recherche approfondie sur ce thème, le risque exact de transmission du VIH lors de relations sexuelles entre femmes est inconnu. Quelques cas ont été référencés dans la littérature, notamment en lien avec le partage de sextoys.Quoi qu’il en soit, il semble que le risque de transmission du VIH entre femmes soit faible excepté en présence de sang.

Par contre, la transmission d’autres IST entre femmes est un fait avéré, c’est notamment le cas du HPV (4),des chlamydias, de l’herpès, de la syphilis et de l’hépatite B. La vaginose bactérienne(5)est également plus fréquente chez les lesbiennes que parmi les femmes hétérosexuelles, ce qui laisse supposer qu’une transmission sexuelle est possible lors d’échange de sécrétions entre deux femmes.


4.Une lesbienne n’a, par définition, pas de relations sexuelles avec des hommes.


Faux


La manière de se définir ne coïncide pas forcément avec les pratiques sexuelles effectives. Une grande majorité des lesbiennes (53-99%) ont eu des relations sexuelles avec un homme au moins une fois dans leur vie, le plus souvent au début de leur vie sexuelle. Un certain nombre d’entre elles (21-30%)(6)continuent à en avoir. C’est pourquoi il est important de ne pas faire de présupposition quant à la nécessité d’effectuer un dépistage ou d’informer au sujet de la contraception, mais de procéder à une anamnèse pour identifier les besoins effectifs.


5. Les femmes homosexuelles s'annoncent toujours comme telles auprès de leur gynécologue.


Faux


Certaines lesbiennes ou femmes bisexuelles parlent ouvertement de leur orientation sexuelle avec leur médecin, mais d’autres ne le font pas, parce qu’elles ont peur d’être mal reçues ou ne savent pas comment aborder le sujet. Le fait de pouvoir parler librement de son orientation sexuelle et de sa vie affective avec son médecin influence favorablement la relation de confiance entre ces femmes et leur médecin ainsi que le recours aux soins lorsque nécessaire.

Une grande partie des lesbiennes disent qu’elles seraient prêtes à dévoiler leur orientation sexuelle à leur médecin si celui-ci/celle-ci le leur demandait et qu’un climat de confiance ait pu s’établir. Il est donc important de ne pas présupposer l’hétérosexualité des patientes et de poser des questions ouvertes qui permettent aux femmes qui le désirent de se révéler comme lesbiennes ou bisexuelles.


6. En Suisse, l’adoption et la procréation médicalement assistées sont interdites aux lesbiennes.


Vrai et faux


En Suisse,l’adoption par une personne seule est autorisée et une lesbienne qui n’a pas conclu de partenariat enregistré peut donc déposer une demande d’adoption, qu’elle vive en couple ou non. Le fait de vivre ouvertement en couple avec une autre femme n’est pas forcément un facteur d’exclusion,mais cela dépend de la sensibilité de la personne menant l’enquête sociale pour la procédure d’adoption. Dans ce type d’adoption, seul le lien entre la femme ayant adopté et l’enfant est reconnu juridiquement et son éventuelle partenaire n’a donc aucun droit vis-à-vis de l’enfant. Les personnes qui concluent un partenariat enregistré renoncent explicitement à leur droit d’adopter en tant que personne seule.

Le recours à la procréation médicalement assistées est, en Suisse, réservée aux couples souffrant de stérilité ou qui risque de transmettre une maladie grave et incurable à leurs descendants et le don de sperme est réservé aux couples mariés (de sexes différents). C’est pourquoi un certain nombre de lesbiennes choisissent de recourir à une insémination dans un pays autorisant l’insémination avec donneur aux femmes seules ou vivant avec une autre femme (Espagne, Belgique, Grande-Bretagne,Pays-Bas,…) ou recourent à une insémination artisanale avec un donneur connu,que celui-ci soit partie prenante du projet parental (coparentalité) ou pas.Dans ces cas, seul le lien de filiation avec la mère biologique (et le père éventuel) est reconnu par la loi, la mère sociale n’ayant aucune existence légale.

                                                                                  


1) Fish J; Cervicalscreening in lesbian and bisexual women: a review of the worldwide literatureusing systematic methods; 2009; Leicester: De Montfort University

2) Marrazzo JM, Koutsky LA, Kiviat NB, Kuypers JM and Stine K; Papanicolaou test screening and prevalenceof genital human papillomavirus among women who have sex with women; AJPH;2001; 91 (6): 947-952

Marrazzo JM; Barriers to infectious disease care among lesbians; Emerging Infectious Diseases; 2004; 10(11):1974-1978


3) Biswajit Banik ; Breast Cancer Risk Factors among lesbians : a literature review; Gay and Lesbian HealthVictoria; 2010

4) Voir notes 1 et 2

5) Bailey JV, Farquhar C, Owen C and Mangtani P; Sexually transmitted infections in women whohave sex with women; Sex Transm Inf; 2004; 80: 244-248

Fethers K, Marks C, Mindel A and Estcourt C; Sexually transmitted infections and risk behaviours inwomen who have sex with women; SexTransm Inf; 2000; 76:345-349

6) MarrazzoJM; Barriers to infectious disease careamong lesbians; Emerging Infectious Diseases; 2004; 10 (11):1974-1978

Diamant AL, Schuster MA, McGuigan K and LeverJ; Lesbian’s sexual history with men:implication for taking a sexual history; Arch Inten Med 1999; 159(22):2730-2736

BajosN et Beltzer N; « les sexualités homo-bisexuelles: d’une acceptation deprincipe aux vulnérabilités sociales et préventives » in Enquête sur la sexualité en France ;2008 ; Paris : La Découverte



Documents de référence



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